Commencer son jardin

Comment commencer son jardin ? Comprendre et organiser l’espace.

S’il y a une phrase à retenir lorsqu’on commence un jardin et qui doit vous inspirer pour un projet réussit, c’est celle-ci : ‘’La bonne plante au bon endroit.’’

Commencer un jardin est une aventure formidable. Que vous souhaitiez commencer un potager, planter des fleurs, vous concoter un espace détente ou revoir complètement l’aménagement paysager de vos espaces extérieurs, il est beaucoup plus facile de comprendre d’abord son terrain et son environnement et d’adapter ensuite ses choix de végétaux.

Votre jardin n’est pas une page vide et il est compliqué de lui imposer des plantes qui ne lui sont pas adaptées. Cependant, il est toujours possible de faire pousser les végétaux de votre choix en recréant à petite échelle les conditions de culture de ces plantes.

Concevoir son jardin commence par la prise en compte d’un ensemble d’éléments rationnels très simples à comprendre et d’éléments sensibles qui relèvent entièrement de votre personnalité et de vos habitudes.

Faire connaissance avec son terrain pour organiser l’espace.

Avant le moindre coup de sécateur ou de binette, il est intéressant de comprendre comment s’organise l’espace que vous voulez planter et la relation que vous entretenez avec. Il y a des endroits de votre jardin et de votre habitation ou vous aimer vous reposer, d’autres qui sont des axes de passages et de circulations, d’autres qui offrent un point de vue intéressant sur un paysage ou un arbre…

À certains endroits, vous souhaiterez vous isoler des vis-à-vis tandis que d’autres endroits nécessiteront au contraire de travailler sur des ouvertures. Il faudra identifier les zones où les enfants préfèrent jouer et les aires de promenades préférées des animaux domestiques. Par ailleurs, une ambiance ressentie dans une partie du jardin ne sera pas la même le matin, à midi et en fin de journée. Elle sera également différente d’un jour à l’autre et, évidemment, d’une saison à l’autre…

Si une approche sensible et subjective est nécessaire pour un jardin qui vous ressemble, il faudra également penser la répartition des plantations dans l’espace de manière pratique. Si vos massifs ou votre potager sont trop éloignés de la maison, vous aurez plus de difficultés à organiser l’arrosage, à transporter le matériel et simplement à vous y rendre le soir lorsque la lumière baissera. Dans un appartement ou une maison en ville, il faudra réfléchir à l’accessibilité des jardinières aux fenêtres. Il ne faut pas non plus que les plantations et le matériel occupent tout l’espace du balcon si on veut disposer d’un coin détente.

Vos premiers outils au jardin sont donc un bloc-notes et quelques bières fraiches (ou thés chauds suivant vos goûts et la saison). Il faut circuler et faire fonctionner ses cinq sens, à différents endroits et à plusieurs moments de la journée. Cela procède de la même logique que celle de l’architecte paysagiste qui pour déterminer les grands axes d’aménagement d’un espace public va interroger et observer les usagers et diagnostiquer les principaux éléments qui interagissent avec le lieu.

Il ne s’agit pas encore de rentrer dans les détails, mais de déterminer le rôle des espaces, les points de vue et perspectives intéressantes, les masses et les formes que l’on veut apporter. Cela peut prendre quelques heures à plusieurs semaines.

Votre choix s’affinera lorsque vous aurez pris connaissance des points suivants et au fur et mesure qu’évoluera votre expérience. Il n’est pas figé, il peut évoluer au fil des années. C’est cependant une étape intéressante pour éviter de nombreux désagréments futurs et concevoir un jardin qui vous ressemble.

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Le sol et les substrats

Le sol est le support de vos futures cultures et c’est lui qui va leur apporter les éléments minéraux essentiels à leur développement.

En agronomie, on classe les sols suivant leur texture. Elle correspond à la répartition des particules minérales inférieures à 2 millimètres : les plus petites sont les argiles, puis viennent les limons et les plus grosses sont les sables. En déterminant la proportion de chacun de ces éléments, on obtient une classe de sol (argileux, sableux, limoneux, limono-sableux…).

Pour déterminer avec précision la classe de son sol, il est nécessaire de passer par une analyse en laboratoire. Cependant, le ‘’test du boudin’’ ou le ‘’test de l’anneau’’, très simples à réaliser, peuvent vous donner une idée de la classe de votre sol.

Pour cela, il suffit de prendre un peu de terre humidifiée de votre jardin dans les mains et de la rouler pour former un boudin. S’il n’est pas possible de former un boudin, votre terre et sableuse. Si en essayant de former un anneau, le boudin se brise, alors la terre est limoneuse. Si vous pouvez former un anneau, la terre est majoritairement argileuse.

Une terre sableuse est très drainante (car formée de grosses particules qui ne collent pas entre elles). Les substances nutritives sont mal retenues. La difficulté avec un sol sableux et d’assurer un taux d’humidité suffisant et constant. Cependant, c’est un sol qui va favoriser un enracinement profond et idéal pour les cultures comme les carottes par exemple.

Une terre limoneuse est assez aisée à travailler et stocke relativement bien l’eau. Les terres limoneuses ont cependant la caractéristique de se compacter et peuvent former une ‘’croute de battance’’. Il faut rationaliser le passage des engins lourd et des véhicules dans une terre limoneuse.

Une terre argileuse stocke beaucoup d’eau. Cependant, le passage de l’eau de la terre à la racine est rendu difficile, car l’argile retient l’eau. Les sols argileux peuvent être collants et difficiles à travailler.

Avec la sécheresse, un sol argileux se fend et des crevasses apparaissent. Photo prise par icon0.com

Le sol a également une capacité à retenir les substances nutritives nécessaires à la plante et une capacité de stockage maximale de ces éléments. Ces caractéristiques varient en fonction de la présence d’argile, d’humus, l’acidité du sol… Il n’est pas toujours judicieux d’apporter des tonnes d’engrais qui dans certains sols vont ruisseler et disparaitre dans la nature. Il est préférable d’apporter de la matière organique et simplement d’adapter ses cultures au sol en place.

Pour deviner quelques caractéristiques de votre sol, vous pouvez également vous appuyer sur les plantes qui y poussent et qui sont des bio-indicateurs. L’ortie indique par exemple un sol riche en azote, les pâquerettes un sol carencé en calcium, les joncs un sol humide… Une végétation basse et clairsemée indique un sol pauvre ou compacté.

Un sol pauvre peut-être un grand atout au jardin C’est l’occasion d’obtenir quelque chose qui sort de l’ordinaire. En effet, pour moins perturber l’écosystème présent et diminuer l’apport d’intrant, le jardinier paysagiste s’est adapté et essai aujourd’hui de plus en plus de faire avec le sol en place. Un sol pauvre n’est pas synonyme de biodiversité pauvre, bien au contraire. Certaines plantes rares ne se développent que dans des sols pauvres, et la présence de ces plantes va attirer une faune spécifique.

Prenons l’exemple d’une prairie fleurie. En général, elles sont composées de fleurs sauvages tout à fait adaptées à la culture en sol pauvre. Souvent, les jardiniers débutants ratent leurs prairies fleuries, car elles se font envahir par des adventices, des herbes non désirées qui ont une croissance plus rapide que les fleurs de la prairie fleurie et vont leur opposer une concurrence fatale pour la course à la lumière, à l’eau et aux substances nutritives. Ces adventices vont moins se développer en sol pauvre, ce qui laisse le champ libre aux fleurs de la prairie fleuries et limite vos interventions d’entretien pour un meilleur résultat.

C’est plus délicat dans le cas d’un potager. En général, pour avoir de bons rendements, un sol riche est à privilégier. Cependant, il existe des plantes et variétés de semences adaptées aux sols pauvres.

L’acidité du sol est un facteur à prendre en compte. On peut la mesurer facilement à l’aide de papier pH ou de kit de test. Un pH de 7 indique un sol neutre, un pH inférieur à 7 un sol acide et un pH supérieur à 7 un sol basique. Certaines plantes sont ‘’acidophiles’’, elles se développement en milieu acide. C’est le cas du framboisier, de la pomme de terre, de l’érable du Japon, des azalées… D’autres préfèrent les milieux neutres ou basiques, comme les carottes, les poireaux, les mûriers ou les lilas.

Avec le temps, un sol à tendance à s’acidifier. C’est pour cela que les agriculteurs et les jardiniers ont recours à la technique du ‘’chaulage’’ qui va alcaliniser le sol (le rendre moins acide). Le sol est amendé avec des matériaux basiques comme la chaux ou le calcaire.

Le calcaire est le dernier élément, pour cette fois, qui va nous aider à comprendre notre sol et à prendre des décisions adaptées. Le sol calcaire se reconnait par sa couleur crayeuse. Le calcaire est détruit par l’acide. Si vous voulez vous assurer de sa présence dans votre sol, verser un liquide acide (comme du vinaigre) sur un peu de terre et si cela mousse, c’est le calcaire.

Bien que beaucoup de végétaux ne poussent pas dans un sol calcaire, ce dernier peut être perçu comme une richesse au jardin, car il permet l’expression d’une biodiversité particulière.

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Testeur de sol 3 en 1
Test l'humiditié, la luminosité et le pH

Le soleil

Toutes les plantes ont une durée nécessaire quotidienne d’exposition au soleil pour leur assurer un développement optimal.

On peut classer les plantes en trois familles différentes selon leur besoin de soleil : les plantes d’ombres, les plantes de mi-ombre et les plantes de soleil. Observerez votre jardin pendant une journée, et notez les zones qui ne reçoivent que peu ou pas du tout de soleil. Elles accueilleront les plantes qui poussent à l’ombre. Si la zone reçoit jusqu’à six heures de soleil, c’est une parcelle de ‘’mi-ombre’’. Enfin, si la zone reçoit plus de six heures de soleil, on considérera que c’est une zone ensoleillée.

Pour cette troisième étape, il faut se ravitailler en bières fraiches et observer l’ensoleillement au jardin sur une journée. Pensez à prendre en compte les aménagements futurs et la croissance des végétaux qui pourront créer des zones d’ombres là où il n’y en a pas aujourd’hui.

Si vous n’avez pas de temps à consacrer à la mesure de l’ensoleillement ou que vous souhaitez un résultat précis, il existe des appareils de mesure performent qui pourrons vous aider dans cette tâche.

Évidemment, comment beaucoup de choses qui concernent le jardin, ce n’est pas une science exacte. Certaines plantes ont besoin de se trouver dans une zone ensoleillée, mais supportent mal une exposition prolongée à la chaleur et à la sécheresse qui accompagne ces zones.

Une zone d’ombre n’est pas un obstacle à un jardin intéressant et fourni. Elle peut par notamment accueillir des hostas, des fougères, des heuchéres et d’autres plantes qui permettent de concevoir des massifs très esthétiques. Du côté du potager, on peut planter à l’ombre les épinards, les salades ou les choux de Bruxelles.

Une plante a toujours besoin de lumière et de soleil. Une zone d’ombre doit recevoir quelques heures d’ensoleillement direct ou indirect et de la lumière pour assurer le développement des végétaux.

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Test l'humiditié, la luminosité et le pH

L’eau

L’eau représente jusqu’à 95% du poids d’une plante. Elle leur est essentielle pour transporter les nutriments du sol vers les organes de la plante (les feuilles, les fleurs, les fruits…). Les plantes transpirent et rejettent dans l’atmosphère l’eau qu’elles sont puisées dans le sol. Ce circuit (le continuum sol-plante-atmosphère) ne doit pas être rompu sous peine de causer des dégâts irrémédiables au végétal. C’est pour cela qu’il est conseillé de ne jamais arroser en plein soleil sous les fortes chaleurs. L’eau ne brule pas les végétaux à cause de l’effet des rayons du soleil, comme on l’entend souvent. Seulement, en apportant de l’humidité à la plante, celle-ci va ouvrir ses pores et transpire. Avec un temps sec, elle ne trouvera pas suffisamment d’eau dans le sol pour combler ce déficit et le continuum sol-plante-atmosphère sera rompu.

La règle principale pour la gestion de l’eau au jardin et d’arriver à conserver un niveau d’humidité suffisant constant. Il faut évidemment éviter le manque d’eau, mais aussi d’apporter trop d’eau, ce qui est parfois contre-intuitif chez certaines personnes. Il ne faut pas arroser deux fois plus lorsqu’on rate un arrosage.

Les sols disposent d’une réserve en eau qui dépend grandement de sa classe de texture qu’on a évoquée dans la partie sur le sol. Une partie de cette réserve est utilisable par les plantes, c’est la réserve utile. Cette dernière se vide à cause de l’évapotranspiration : c’est l’eau qui s’échappe des plantes et du sol. Elle se recharge par les pluies.

Il est donc intéressant de connaitre les quantités d’eau de pluie sur votre terrain et si elle ruisselle, si le sol garde l’humidité…

L’arrosage consiste à compléter l’apport en eau de la pluie au cas où il est trop faible pour conserver une réserve utile suffisante.

La connaissance des quantités de pluie et des besoins de votre sol vous permettront d’apporterjuste le nécessaire au bon endroit et de faire ainsi des économies d’eau. Photo prise par Skitterphoto.

Il faut observer dans votre jardin les endroits où le sol est sec et celui où il conserve l’humidité. Vous pouvez observer le comportement de votre sol après la pluie en période sèche. Vous pouvez vous appuyer également sur la végétation et la présence de plantes bio-indicatrices. Par exemple, les joncs indiquent un sol très humide. S’ils serpentent à travers votre terrain, il y a probablement une source souterraine en dessous. La renoncule rampante pousse sur les sols engorgés d’eau.

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Ce pluviomètre permet de mesurer avec précision et facilité la quantité de précipitation

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Mesure avec précision les quantités de pluies tombées dans votre jardin. Connecté à votre smartphone, il permet de régler avec précision l'arrosage automatique en fonction des besoins des végétaux. 

Le vent

Le vent peut causer des dégâts importants à votre jardin et n’est pas un paramètre à prendre à la légère.

Pour contrer cela, il faut déterminer quels sont les vents dominants et où sont leurs couloirs de circulations principaux dans votre jardin.

Il faudra ensuite designer votre jardin en intégrant des éléments qui vont détourner ou casser les zones venteuses ou adapter votre palette végétale en sélectionnant des essences qui supportent le vent.

Si vous travaillez sur une zone qui comporte déjà des arbres, vous devez faire attention si vous faites le choix de couper ces arbres et d’en conserver seulement quelques-uns. En effet, l’arbre s’adapte à l’action du vent en développant plus ou moins son système racinaire qui lui permet de s’ancrer dans le sol. Un arbre qui a poussé au milieu d’autres arbres a été protégé des effets du vent, il est donc peu ancré dans le sol. Si vous enlevez les arbres autour, il risque d’être déraciné à la première tempête ou vent un peu fort.

Vos goûts, votre sensibilité et votre pratique

Pour finir, ce sont vos choix et votre approche sensible de votre espace qui vont primer pour décider de ce que vous allez faire. Vous devez penser à ce que vous voulez faire dans votre jardin et comment vous allez l’utiliser par la suite.

Vous avez toutes les informations en mains pour vous adapter à votre terrain. À vous de décider de vous y plier totalement ou de faire le choix de prendre quelques risques pour un résultat plus proche de vos attentes.

Il vous faut donc savoir aussi quel temps et quels efforts vous êtes prêt à consacrer à votre jardin.

Nous verrons dans de prochains articles sur ce site comment choisir des plantes. Voici déjà quelques conseils pour vous aider.

Choisir des essences locales ou en tout cas adaptées aux critères précédents va grandement vous faciliter la tâche. La charge de travail sera réduite et l’apport d’intrants largement limité.

Si vous souhaitez planter des végétaux particuliers, que ce soient des arbres, des fleurs et même des légumes ou des fruits, il ne faut pas hésiter à choisir la culture en pot, qui vous permettra de recréer les conditions idéales de croissance de ces plantes.

Pour conclure, observez et prenez votre temps

Lorsqu’on emménage ou qu’on a pris la résolution d’aménager son jardin, on a souvent envie de s’y mettre très vite. C’est une bonne chose de commencer à pratiquer et d’entrer dans le concret tout de suite.

Cependant, ne négligeait pas l’étape d’observation et de découverte de votre terrain. Déambuler et observer tout une après-midi n’est pas du temps perdu. Certaines personnes ont fait le choix de se laisser une année entière d’observation pour analyser les changements dans leur jardin durant les quatre saisons et faire les meilleurs choix avec toutes les informations à leur portée.

Cette étape peut vous éviter de nombreuses déconvenues pour l’avenir !

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